Le lin


1. CROISSANCE & FLORAISON

MARS

UNE NOUVELLE SAISON LINIÈRE

Au début du printemps, les liniculteurs s’apprêtent à retourner aux champs. Ils suivent attentivement le changement de saison et attendent patiemment le moment idéal pour semer le lin : une température proche de 3 à 4 degrés Celsius, sans risque de gel sévère. En à peine 100 jours, le lin aura atteint environ 1 mètre de hauteur.

JUIN

FLORAISON

Le lin en fleur attire chaque année de nombreux curieux vers les champs. Chaque fleur de lin dure à peine une journée et les champs se colorent d’un bleu somptueux pendant une à deux semaines. Fin juin, de petites capsules rondes, contenant les graines, se dressent au sommet des tiges.

 

JUILLET

ARRACHAGE

Les tiges de lin sont arrachées en totalité, et non coupées. En effet, la racine contient aussi des fibres de valeur. La plante est déposée à plat sur le sol en andains parallèles, derrière la machine de récolte. Les parcelles sont alors couvertes d'un tapis de bandes géométriques vert tendre.

Mais cette couleur change très vite...

AOÛT

ROUISSAGE

Un phénomène naturel, le rouissage, transforme la plante et permet d'en extraire la fibre. Pendant cette phase, l'alternance de rosée, de pluie et de soleil provoque l'apparition de micro-organismes qui délient les pectines présentes, en libérant les fibres de leur tige ligneuse. Le sol lui-même exerce son influence en contribuant à la couleur beige typique de la plante.

Le rouissage peut durer deux à six semaines, en fonction de la météo, et seul un connaisseur est capable de juger avec certitude qu'il est accompli. Cette expertise est vitale pour l’obtention d’une fibre parfaite. Si le rouissage est trop court, la fibre sera difficile à extraire. S'il est trop long, la fibre risque de pourrir, ce qui nuira à sa qualité.

 

SEPTEMBRE

RÉCOLTE

Des machines, construites sur mesure, ramassent le lin roui et l’enroulent en grosses balles qui ornent les champs avant d'être mises au sec. Chacune pèse environ 300 kg. Le lin est maintenant prêt à être teillé.

 

2. TRANSFORMATION DE LA FIBRE

TEILLAGE

Il est temps d'extraire les fibres !

Les gros cylindres de la ligne de teillage broient les tiges ligneuses de la plante afin de séparer les fibres des anas (les déchets du bois de la plante). Les fibres longues sortent rapidement de la turbine de teillage. Leur qualité est évaluée manuellement et seules les meilleures sont utilisées pour produire un fil de qualité.

Les anas servent à fabriquer des panneaux agglomérés ou de la litière pour animaux. Les fibres courtes, nommées étoupes, sont transformées en fil plus rustique ou servent de matière première dans l’industrie du papier.

 

PEIGNAGE

Des milliers de petites aiguilles peignent le lin jusqu’à ce qu’il ne reste plus que la fibre la plus pure. La fibre courte, ou étoupe de peignage, est transformées en fils à gros titrage. La fibre longue, ou long brin, est réservée pour les fils les plus fins.

3. FILATURE

MÉTIERS À FILER

Pour commencer, on mélange des fibres provenant de différents champs et de différentes régions, en vue obtenir un fil d’une couleur et d’une qualité égales. Le ruban de lin rejoint le métier à filer où il est engagé entre deux cylindres. Les deux cylindres suivants, juste en-dessous, tournent à une vitesse supérieure. Le ruban s'allonge progressivement jusqu’à l’obtention d’un fil au numéro métrique (ou titrage) souhaité.

 

4. FABRICATION D'UN TISSU

Notre département d'achat collabore avec différentes filatures afin de sélectionner des fils de la meilleure qualité. Notre objectif étant toujours de réaliser un produit européen, plus de 90% de nos fils sont achetés auprès de filatures européennes. Un prélèvement d'échantillon à chaque livraison permet d'en contrôler l’humidité, le numéro métrique, la résistance à la traction, la régularité et la couleur.

 

TISSAGE

Le rythme des métiers résonne jour et nuit. À plein régime, chaque métier a sa propre vitesse mais l'ensemble est harmonieux. Les techniciens, les monteurs et les tisserands s'activent, supervisés par le chef d'atelier. Un système de contrôle central garde une trace de l'activité et du rendement de l'usine. Le taux d'hygrométrie est maintenu constant et la qualité surveillée 24 heures sur 24.

 

CONTRÔLE DE QUALITÉ

Alors que l'usine est en effervescence, c'est la concentration qui règne au contrôle-qualité. Chaque mètre de tissu brut passe sous l'œil sévère des stoppeuses qui, patiemment, reprennent le défaut à l'aiguille. Ce travail requiert des qualités essentielles : précision, regard aiguisé et capacité de concentration.

 

L'ENNOBLISSEMENT

L’ennoblissement d’un tissu de lin consiste à mettre en valeur ses qualités singulières et sa patine naturelle. Le tissu subit plusieurs traitements, les plus courants étant le lavage, le blanchiment, la teinture et l’apprêt.

Le lin possède par nature un coloris particulier qui peut être influencé par les caprices de la météo et en particulier lors du rouissage. Une bonne connaissance des métiers de l’ennoblissement est incontournable pour obtenir un résultat constant. C'est pourquoi Libeco collabore avec différentes entreprises d'ennoblissement, chacune ayant sa propre spécialisation

 

LE CONTRÔLE FINAL

Après son ennoblissement, le tissu retourne chez Libeco pour être de nouveau soigneusement contrôlé. On regarde sa couleur sous différents éclairages : elle doit être constante sur toute la longueur et la largeur du tissu. On vérifie son toucher à la main.

Le tissu est maintenant prêt pour être expédié aux clients. Les tissus destinés à la collection Libeco Home sont transférés à notre département confection pour devenir du linge de lit, de table et des accessoires de décoration.